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700 ans de l’histoire de Preaulx

Le texte suivant évoquera  » la terre et le château de Préaulx comme l’écrivirent pendant des siécles les historiens, les gens du pays prononçant Pro.
Histoire très ancienne si l’on en croit la chronique qui la fait remonter à Guillaume le Conquérant. Un compagnon du futur roi d’Angleterre – qui ne l’appelait pas encore Préaulx – aurait participé à la fameuse bataille d’Hastings de 1066 qui livra l’Angleterre au seigneur normand. Ce qui est plus sûr, c’est qu’un Préaulx aurait participé à la bataille de Bouvines (1214 comme chacun sait). Pour le récompenser, le Roi Philippe Auguste lui donna la terre de Saint Christophe de Châtillon sur Indre en l’autorisant à porter son nom Préaulx.
Il ne saurait être question d’énumérer toute la généalogie des Préaulx. Les spécialistes y distinguent huit branches différentes. Saluons au passage la branche aînée qui fut éléver au rang de marquisat sous Louis XIII en 1612. Chacun sait que dans la hiérarchie nobiliaire, le Marquis se situe entre le Duc et le Comte. Autre branche, la troisième dîtes de Châtillon qui avant la révolution fut propriétaire du cimetière et de l’ancienne église d’Ecueillé. Nous en terminerons avec la huitième branche dite d’Ecueillé. Le comte de Préaux réside au château de Préaux qui sera détruit par un violent incendie en 1895. C’est un parent, le Marquis de Préaux, qui réside au château de Pouancé dans le Maine et Loire dont la fortune est considérable qui fera reconstruire à la fois le château de Préaux et contruire le château d’Oublaise à Lucay le Mâle. vendu au début du siécle par la famille, ce château défraya la chronique en y accueillant des mutilés de guerre, des associaux et plus récemment des fidèles de la secte Krisna. A toutes ses activités s’attache le souvenir du commandant Pérette disparu presque centenaire l’an dernier. Le souvenir de la fortune du Marquis de Préaulx au début du siècle précédent n’est pas oublié et l’on évoque encore la dizaine de voitures automobiles Roll Royce qu’il possédait. Le Comte de Préaux était incontestablement moins fortuné que son Marquis de cousin… Ses biens se limitaient au début du 19 ème siècle en une dizaine de fermes dont celle dite du Château de Préaux jouxtant ce dernier. Le cadaste nous indique que la superficie totale s’élevait exactement à 811 hectares.
Le dernier Comte de Préaux meurt sans enfant en 1974. Son épouse Renée était la fille du Général Mercier, ministre de la guerre, quand éclata en 1894 la fameuse afdaire Dreyfus qui allait opposer les Dreyfusards aux antidreyfusards. Il y avait ceux qui croyaient que Dreyfus était un traîte et ceux qui se battaient pour faire reconnaître son innocence avec la même passion. Ce n’est pas attenter à la mémoire de la Comtesse de Préaux, brouillée avec sa famille, rédigeant des testaments différents en faveur de différents bénéficiaires. Finalement , le dernier testament fut le bon. A la mort de la Comtesse ce fut une association dont plusieurs responsables firent un stage en prison qui hérita. Vous n’avez pas oublié le signe ARC (Asociation pour le développement de la Recherche sur le Cancer) et la formule publicitaire « Rejoignez l’ARC » était diffusé quotidiennement à la télévison, à la radio et dans la presse. Finalement les biens de la succession de la Comtesse de Préaux furent vendus aux enchères publiques et au profit de l’ARC à Châteauroux le 24 et 27 avril 1977. Les meubles anciens d’époque, tableaux, bijoux, argenterie, tapis furent vendus pour un total qui avoisina les 600 000 francs. Le château fut vendu puis revendu. Les actuels propriétaires ont entrepris avec beaucoup de persévérance de restaurer ce château en péril. Puissent-ils y réussir.
Le site de Préaux est inséparable de la rivière qui le traverse sur toute sa longueur avant de s’écouler dans l’Indre et Loire par Villedomain, Loché sur Indrois pour rejoindre la rivière l’Indre. Vous pourrez découvrir la source de l’Indrois à la limite des communes de Villegouin et de Préaux sur un lieu-dit qu’on appelle Igneraie. Vous serez sans doute surpris en n’y découvrant qu’un mince filet d’eau sous les herbes. Ce n’est qu’à quelques kilomètres de là que le ruisselet devient un ruisseau qui fut autrefois une rivière à écrevisses miantenant disparues. On peut contempler le point de vue où se reflète le château de Préaux dont je vous ai entretenu plus haut.
Préaux est un triste exemple d’un village qui se meurt, de ce que le journaliste Bernard Briais dans son ouvrage sur la vallée de l’Indrois appelle un « squelette de village ». Les chiffres parlent d’eux mêmes ; en 1913 à la veille de la première guerre mondiale de 14-18, Préaux comptait 682 habitants ; en 1938, juste avant la deuxième guerre mondiale, 576 habitants ; en 1988, 249 habitants. Entre deux recensements, on note une chute de la population de 25 %, 1 habitant sur 4. La disparition de l’école intervint il y a deux ans alors qu’elle ne comptait plus que moins que les doigts d’une main. Les anciens élèves évoquaient le souvenir de l’école à deux classes de naguère.
Nous n’entrerons pas dans l’explication socio-économique de la désertiication de Préaux plus accentuée et plus rapide que dans les communes voisines. Il y avait encore après la libération un petit tissu commercial qui comportait quatre épiceries, une boucherie, une boulangerie, trois « bistrots ». Nous en sommes au dernier commerce que le Conseil Général a tenté de sauver.
Nous terminerons cette chronique en évoquant un épisode de la dernière guerre. Beaucoup de gens ignorent que la céleste chanteuse Barbara passa une partie de son enfance pendant l’occupation dans une maison du bourg de Préaux. Peu avant sa mort la chanteuse revint dans l’Indre faire une visite à Préaux où l’accueil ne fut pas aussi chaleureux qu’on aurait pu l’imaginer.
Amédée Renault